Comme j'ai auparavant commenté avec verve les résultats de la présidentielle et des impacts qu'elles auraient sur notre pays, je ne vais pas me défiler cette fois non plus.
Je rappelle juste quelques modalités pour ceux qui igorent le fonctionnement de ces élections. De celles ci ont été nommés les 577 nouveaux députés qui vont prochainement siéger à l'assemblée nationale. A l'instar des élections présidentielles les candidats ayant obtenu plus de 5% des suffrages verront leur candidature remboursée par l'Etat. Chaque électeur a voté pour sa circonscription le dimanche 10 juin et le 17 juin.
Contrairement aux élections présidentielles, les candidat ayant obtenu 12.5 % ou plus sont qualifiés pour participer au second tour. A l'issue du deuxième tour, les "577 gagnants" sabreront le champagne et auront le privilèges de parlementer sur nos nouvelles lois. A noter que le passage au quinquénat a permis aux élections législatives de se dérouler simultanément avec les présidentielles.
Ce qui m'a marqué en premier lieu dans ces élections, c'est la confiance des élus de droite ainsi que la vague bleue annoncée de manière bien trop péremptoire par les médias. Je pense qu'ils comptaient sur le dégoût français pour les moults cohabitions que nous avons subi par le passé. Il est indubitable que la cohabition voyait éclore une abjecte stratégie ou le président se cachait derrière "son rideau" en dénonçant les bourdes de l'opposition (ce qu'ont fait Mittérand et Chirac lors de leurs cohabitions respectives). A l'instar des élections européennes, le gouvernement en place a voulu passer ces élections pour une vaste formalité dont l'assiduité citoyenne devenait quasiment dispensable.
Néanmoins le peuple français ne l'a pas vu sous cet angle et au contraire, dans un souci démocratique, a tenu d'être représenté de manière équitable et républicaine. Je ne peux que féliciter les acteurs politiques de n'avoir pas tenu à s'engouffrer dans un carcan suintant le pessimisme. A mon humble avis la stratégie de l'UMP a été sur le coup mauvaise et irréfléchie. En pensant que l'opposition serait découragée et qu'ils acqueriraient une vaste majorité sur les circonscriptions, ils se sont fourvoyés dans leur vanité. A l'inverse, des inconditionnels de l'UMP ont du préféré rester chez eux plutôt que d'aller voter vu que la victoire semblait acquise d'avance tandis que les autres sont allés crânement défendre leur couleur. Le cataclysme bleu s'est finalement heurté à divers revers cuisants, vu qu'une cinquantaine de députés UMP seront finalement contraint de léguer leurs places.
Ce que je ne peux pas m'empêcher de regretter est le mode de scrutin. Même si je n'adhère pas totalement au scrutin proportionnel plurinominal, j'estime qu'une dose de proportionnelle devrait être accordée. Les pays fonctionnant avec une dose de proportionelle sont des myriades. On peut notamment citer cette liste non exhaustive dont la plupart de ces pays sont des modèles de démocratie : Belgique, Pays-Bas, Danemark, Suède, Norvège, Finlande, République tchèque, Lettonie et Suisse....
Avec le mode actuel, ces élections garantissent les victoires des puissants (UMP et PS) sur toutes les autres alternatives politiques. Ainsi, alors que le MoDem a concentré 18.5% des votes aux élections présidentielles, seul 5 députés de ce parti ont été élu. On notera le cynisme de Sarkozy qui s'est gargarisé de la clémence de l'UMP en otant le candidat UMP de la circonscription de Bayrou. Magnamité maladive ou simple envie de retirer tout le mérite à l'Elu béarnais ?
Dans le même temps, bien que le front national ait receuilli 11% des suffrages, il n'est représenté par aucun député. La seule prétendante présente au deuxième tour, qui n'est d'autre que la fille de Le Pen, s'est heurté à un barrage "moral". Même si je suis loin de soutenir ce parti je ne peux m'empêcher de sourire et pense que les 4 millons de frontistes auraient du être représenté. Pourquoi ce sourire ? Car, l'UMP, même s'il bannit le FN a dréssé une alliance avec le MPF dont les idées ne divergent guère du FN (excepté en politique internationale). Le MPF, qui a alors recolté que 2% des suffrages se voit attribué quelques sièges. Dans le même cas de figure, ayant enregistré une score minable aux présidentielles, le PCF, allié du PS, se voit recompensé de 15 sièges. Pendant ce temps la LCR, non allié avec le PS, qui avait obtenu le double de votant repart bredouille.
Quelle supercherie tout de même !! Avec ce mode de scrutin, il suffit non pas d'être populaire, de poser les bonnes questions, mais de têter les puissants jusqu'au trognon...
Et quelle sera la conséquence de ce diktat des puissants sur les courants alternatifs ? Une vague mascarade ou les députés se chamailleront comme des gosses en se rejettant la faute mutuellement. Le PS va certainement se targuer d'être actif en contrant toutes idées de leur sempiternel rival , non pas en proposant des alternatives mais en gueulant très fort et en enchaînant amendement sur amendement (pour ensuite se plaindre que rien est fait). 40% des français pourront attendre 5 ans avant d'être représenté décemment et la droite accusera l'autre lobby de ses revers.
Re-bienvenue dans le système manichéen, binaire, ou l'important est moins de répondre aux préoccupations des français que de leur prouver que leurs écoles de pensée detiennent la vérité absolue...